Pollution indirecte de la biosphère due à l’utilisation des énergies utiles à l’Homme.
Si la production d’énergie utile perturbe l’équilibre de la biosphère (comme nous l’avons vu dans le blog du 12 janvier), son utilisation la perturbe encore plus. Elle est à la base de la spirale travail-production-consommation. Elle la perturbe par ses activités agricoles, industrielles, touristiques, financières, guerrières, etc. Elle la perturbe encore en construisant des mégapoles, en bétonnant des zones naturelles, en canalisant des rivières, en détruisant des forêts, des terres arables, des zones humides, etc.
Tout ce qui est produit industriellement se retrouve tôt ou tard sous forme de déchets dans l’environnement, parce que Lavoisier l’avait déjà dit : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Mais quand il s’agit de produits industriels, cette transformation, même s’il y a recyclage, se fait au détriment de l’environnement.
De plus, l’énergie utile à l’Homme permet de créer d’immenses zones de monoculture avec ses intrants, ses pesticides et herbicides aux dépens de zones naturelles, de la faune et des humains. Elle est nécessaire à la construction de la moindre habitation jusqu’à celle des mégapoles et de tout ce qui touche à leur fonctionnement. Tout cela aux dépens des zones naturelles. Elle sert encore à pomper l’eau douce de lacs, de rivières, de nappes phréatiques pour nos besoins domestiques et industriels, pour arroser nos cultures, pour refroidir les nombreux centres de données d’Internet ou même remplir nos piscines. Certains fleuves, comme le Colorado, n’arrivent même plus à la mer.
La liste des dégâts ne s’arrête pas là. Les flux d’énergies exogènes perturbent aussi la biosphère en fabriquant et en répandant des milliards de tonnes de produits chimiques et industriels indigestes pour la nature comme les plastiques, les métaux lourds, les PCB, les furanes, pour n’en citer que quelques-uns. Ces flux d’énergies permettent aussi le déplacement de milliards de personnes, d’animaux et de nourriture, que ce soit le long de millions de km de routes communales, départementales et d’autoroutes, soit à l’aide d’énormes bateaux transportant annuellement des milliards de tonnes de fret, ou encore par des dizaines de milliers de vols quotidiens transportant annuellement des milliards de passagers d’un point du globe à un autre. Plus d’un milliard de véhicules à moteur avalent annuellement plus d’une dizaine de milliers de milliards de km sur un gigantesque réseau routier. Tous ces déplacements et transports ont de graves conséquences sur l’environnement en perturbant la biocénose de plusieurs biotopes en empêchant la libre circulation des animaux et en introduisant par accidents des espèces exogènes envahissantes qui prolifèrent aux dépens des espèces autochtones.

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