Peut-on garantir la pérennité de l’ensemble mondialisé de nos sociétés économiques et industrielles ?
En passant du statut de cueilleur-chasseur à celui d’agriculteur-éleveur, les sociétés humaines sont entrées dans la spirale de la complexité. Néanmoins, au moment de cette conversion, l’Homme ne comprenait pas que la complexité tendait vers toujours plus de complexité, à condition de recevoir des flux d’énergie et de matière suffisants. Mais pour l’Homme, cette condition ne lui a jamais posé de problème. Son génie technique lui permet de trouver et de développer en permanence de tels flux. Pour ce qui est de l’énergie, il est capable de transformer les énergies primaires offertes par la Nature, en énergies qui lui soient directement utiles. Toutefois, son orgueil ne lui permet pas d’admettre que cela se fait au détriment de la biosphère, comme cela a été mentionné dans mes trois derniers blogs. Pour répondre à leurs énormes ambitions, les hommes dominants ont troqué la sacralité de la Nature contre celle de divinités sorties de leur imagination. Ce changement de divinité était indispensable pour que des individus ne se connaissant pas s’unissent, afin que les objectifs fixés par leurs dirigeants soient atteints. Au fil du temps, les populations prennent progressivement conscience qu’elles peuvent très bien vivre dans une biosphère très différente de celle qui leur a permis d’exister jusqu’alors. Leurs dirigeants les ont en effet persuadés que c’est le système qu’ils ont mis en place qui est leur seul garant pour une existence toujours meilleure. Dès lors, tout le monde contribue à la croissance de la spirale de la complexité, sans aucun sentiment de crainte. Ainsi, au cours de ces derniers millénaires, la spirale de la croissance de la complexité s’est accrue d’abord lentement, puis a fortement accéléré depuis le début de l’ère industrielle, grâce à l’exploitation massive des énergies fossiles. Résultat : la biosphère s’est transformée de plus en plus, sans que personne ne se doute qu’elle puisse, à un moment donné, devenir incompatible avec leur paradigme économico-industriel. Pourtant, elle nous le fait savoir en nous envoyant des signaux clairs se manifestant par des effets évidents comme les changements climatiques, la perte de la biodiversité et la diminution des ressources naturelles. Néanmoins, nos cerveaux, polarisés par une éducation quasi universelle, nous empêchent d’interpréter ces signaux et d’agir de manière intelligente. La façon de penser propre à notre structure économique et industrielle, nous pousse à ne rechercher que des solutions techniques. Elles ne feront malheureusement qu’aggraver la situation car, comme je le montre dans mon livre, c’est la somme des activités humaines passées et présentes, soutenues par des énergies exogènes, quelles que soient leurs origines, qui maltraite la biosphère. Dans le cas où l’humanité persisterait dans cette voie, il y aurait un risque croissant que l’espèce humaine disparaisse en même temps que de nombreuses autres.
Toutefois, cette probabilité est faible, car notre organisation économico-industrielle contient le germe de son inévitable autodestruction. Dès lors, ce n’est plus tant la biosphère qui est à risque de disparaître, mais bien l’organisation sociétale des humains. Ce sera le sujet de mes futurs blogs. Pour bien saisir le raisonnement qui m’a conduit à cette affirmation, il est nécessaire de vous familiariser avec certaines notions telles que l’énergie nette et les relations qui existent entre les flux d’énergies et le fonctionnement des systèmes complexes.

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