Énergie exogène nette
Nous avons vu dans mes précédents blogs qu’il nous faut dépenser une certaine quantité d’énergie pour en obtenir une qui nous soit directement utile. Dès lors , il nous faut considérer l’énergie nette En de l’opération. Cette dernière est définie comme la quantité totale d’énergie exogène Ep que l’appareil de transformation d’énergie primaire sera capable de produire au cours de son existence, moins la somme du total de toutes les énergies exogènes Ei qu’il aura fallu investir pour construire, entretenir, démonter et recycler cet appareil une fois vétuste. Cette énergie nette est en général ignorée ou tout au plus largement sous-estimée par nos sociétés, sauf peut-être dans la facture de l’unité d’énergie utile que le producteur fera payer à ses consommateurs.
Puisqu’il nous faut dépenser une certaine quantité d’énergie pour en obtenir une qui nous soit directement utile, il nous faut considérer l’énergie nette En de l’opération. Cette dernière est définie comme la quantité totale d’énergie exogène Ep que l’appareil de transformation d’énergie primaire sera capable de produire au cours de son existence, moins la somme du total de toutes les énergies exogènes Ei qu’il aura fallu investir pour construire, entretenir, démonter et recycler cet appareil une fois vétuste. Cette énergie nette est en général ignorée ou tout au plus largement sous-estimée par nos sociétés, sauf peut-être dans la facture de l’unité d’énergie utile que le producteur fera payer à ses consommateurs.
Nous prendrons ici l’exemple d’une éolienne (elle utilise l’énergie primaire du vent).
- Supposons qu’au cours de son existence une éolienne puisse produire une énergie totale Ep qui soit utile à l’Homme.
- Supposons que pour la construire, l’entretenir et la démonter une fois vétuste, il fasse dépenser au total une énergie Ei.
- On peut alors calculer le rapport Ep/Ei qu’on appelle d’une manière internationale EROEI (rapport de l’énergie produite sur l’énergie investie) ou TRE (Taux de Retour Énergétique) en français.
Par définition, l’énergie nette En d’un système technique transformant une énergie primaire en une énergie secondaire Ep peut s’écrire : En = Ep-Ei = (EROEI – 1) x Ei.
La connaissance de la valeur des EROEI pour toutes les sources d’énergie devrait être de la première importance pour les responsables de la gestion des énergies, tant dans un pays que dans le monde. Sans cette donnée primordiale, il est impossible de mener une politique énergétique sérieuse à long terme.
- Quand EROEI = 1, il n’y a plus aucun intérêt à transformer une énergie en une autre, puisqu’il faut dépenser autant d’énergie qu’il est possible d’en recevoir. L’énergie nette est nulle.
- Plus la valeur du EROEI est au-dessus de 1, plus la transformation est intéressante du point de vue énergétique.
- À cause de la loi des rendements décroissants (voir chapitre 11), la valeur de l’EROEI d’un système de transformation d’énergie décroît avec les années d’exploitation d’une source d’énergie donnée, car Ei a tendance à croître avec le temps. C’est particulièrement vrai pour les énergies d’origine fossile.
Les valeurs des EROEI sont mal connues ou prêtent à confusion, car la manière de calculer ce rapport n’a pas été normalisée ni définie clairement.
La grande difficulté se trouve dans l’estimation de l’énergie investie Ei. Les personnes chargées de la gestion énergétique du futur seraient bien inspirées de définir clairement ce qui devrait intervenir dans ces calculs et de confier ce travail à des instituts de recherches parfaitement neutres en la matière pour éviter tout conflit d’intérêt. Depuis quelques années, nous voyons apparaître dans la littérature des valeurs de l’EROEI pour plusieurs sources de transformation d’énergie. Il y a une grande disparité dans ces valeurs, car, comme nous l’avons dit, il n’y a pas de standard pour ces calculs et que, d’autre part, le monde économique et industriel n’a aucun intérêt à avoir des valeurs précises. Les EROEI servent de nos jours comme indicateurs de marketing et sont plutôt surévaluées.
Dans la façon de penser de notre système économique, qu’il s’agisse d’énergie investie ou d’énergie produite, les deux participent à la spirale travail-production-consommation, pilier central de notre paradigme économico-industriel. De ce fait, et malheureusement pour notre environnement, peu importe vraiment que le EROEI soit élevé ou faible ; l’importance est que la production de richesses, le nombre d’emplois et le taux de croissance économique soient positifs.
D’autre part, il faut rappeler que quasiment tous les générateurs d’énergie sont actuellement construits grâce aux énergies fossiles. Quand, dans 30 ou 60 ans, nous n’utiliserons plus ou peu d’énergies fossiles, est-ce que l’énergie nette d’un type donné d’éolienne sera plus grande ou plus petite que celle actuelle ? Pour le moment, les technosciences n’ont pas de réponse fiable à cette question.
Au point de vue du bilan énergétique globale, l’énergie nette devrait tendre vers zéro, voire être carrément négative, si on devait inclure dans Ei l’énergie nécessaire pour réparer, même partiellement, les dégâts portés à la biosphère pour la construction et l’utilisation de l’énergie apportée par ces générateurs d’énergie utiles à l’Homme. En faisant semblant de l’ignorer, la biosphère se dégrade lentement, mais sûrement, sans que nous puissions en mesurer l’importance. Mais qu’on ne se méprenne pas. Tôt ou tard nous devrons en subir les conséquences.

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