Il n’y a pas d’énergie exogène propre.
Peu importe le système de conversion d’une énergie primaire en une énergie directement utile à l’Homme, le rendement de cette transformation ne peut pas être de 100%. La Nature ne permet pas cela. En fait, seule une fraction de l’énergie primaire utilisée par l’Homme peut être récupérée pour répondre à ses besoins énergétiques. Le reste présente une pollution pour l’environnement naturel.
D’autre part, nous verrons un peu plus loin que l’utilisation de l’énergie utile à l’Homme, dont le but n’est de satisfaire que ses seuls besoins, se fait toujours aux dépens de milliers d’autres espèces biologiques qui toutes peuplent la biosphère et participent à son fonctionnement.
Ainsi, contrairement à ce qui se passe lors de la transformation d’énergie primaire au sein d’un système complexe biologique, la transformation d’une énergie primaire par le génie humain conduit toujours à des nuisances et des pollutions, soit directement pour sa partie perdue, soit indirectement pour sa partie utile.
La pollution la plus décriée par les écologistes est la pollution directe, ou mieux nommée, la pollution visible, provenant de la transformation d’une énergie fossile.
Elle sort des cheminées et des pots d’échappement. On la voit et on la sent. C’est ce type de pollution qui retient toute l’attention de nos sociétés, car elle émet des particules fines et des gaz à effet de serre. On attribue aux premières toutes sortes de maladies, et aux deuxièmes les changements climatiques. Ce sont là les aspects les plus négatifs de cette pollution. Néanmoins, d’un point de vue purement industriel et économique, cette pollution est actuellement une opportunité. Elle représente le fonds de commerce principal d’actions dites écologiques, comme chercher des énergies qui n’émettent pas de CO2. Elle nourrit de nombreux sujets de recherches pour les technosciences, qui espèrent ainsi relancer une industrie mondiale ayant tendance à s’essouffler. De cette manière, l’écologie traditionnelle contribue au bonheur des États en favorisant la création de nombreux emplois.
Néanmoins, les solutions suggérées pour combattre la pollution visible provenant des énergies fossiles ne font que déplacer le problème. Si l’emploi de pots catalytiques, de tonnes d’isolants dans les maisons ou le remplacement de moteurs à combustion par des moteurs électriques peut en effet diminuer ce type de pollution directe, il augmente les pollutions indirectes, comme nous allons le voir rapidement maintenant.
Outre la pollution visible, il existe une autre pollution moins visible, plus sournoise, que je qualifie ici de pollution indirecte. Bien qu’elle soit nettement plus importante que la pollution directe ou visible, elle attire moins l’attention des écologistes et de l’ensemble de la société, car elle fait partie intégrante de notre mode de vie et de ce qu’on appelle le progrès. Personne ou presque n’a intérêt à la voir diminuer, d’autant plus que ce type de pollution est commun à tous les types d’énergie primaire, que ce soit du fossile, du nucléaire, du solaire, de l’éolien, de la géothermie, de la biomasse ou autres. Elle prend au moins deux formes principales.
1°) Pollution indirecte due à la production d’énergies exogènes qui a fait l’objet du blog du raité dfans le blo
Quelles que soient l’énergie primaire utilisée et sa transformation, elle nécessite toujours des atteintes à l’environnement. Par exemple, l’énergie potentielle de gravitation d’un réservoir d’eau, transformée en électricité par les barrages hydroélectriques, considérés par les écologistes comme une « énergie verte », provoque des changements plus ou moins importants dans le biotope de leurs bassins. De surcroît, ils nécessitent des mégatonnes de béton armé pour construire le barrage, ainsi que beaucoup de métaux pour les turbines, les transformateurs, les lignes électriques, les pylônes, etc.
De toute façon, la transformation d’énergie primaire en énergie utile, qu’elle soit verte ou non, requiert toujours des travaux d’extraction de matières dans la croûte terrestre. Ces extractions concernent parfois directement l’énergie primaire, comme c’est le cas pour les énergies fossiles ou les matières fissiles (comme l’uranium), mais dans tous les cas elles exigent des extractions de matières premières telles que le fer, le cuivre, le manganèse, le tungstène, le vanadium, le lithium, le nickel, le cobalt, l’argent, l’or, le mercure, les terres rares, du sable, du calcaire et de l’argile pour faire du ciment, etc.
Pour quelques kilogrammes de matière métallique utile recherchée, il faut déplacer des quantités considérables de matière non utile à l’Homme, mais vitale pour tous les habitants du biotope concerné. Les matières utiles à l’Homme serviront indirectement, et après moult transformations, en général très énergivores, à fabriquer les produits qui entrent dans la construction, l’exploitation et l’entretien des systèmes transformant l’énergie primaire en énergie utile.
À leur tour, tous ces minerais doivent être déplacés du lieu d’extraction vers le lieu de transformation, puis vers les différentes industries chargées de construire les appareils ad hoc pour la transformation d’énergie primaire en énergie utile. Il faudra aussi se débarrasser des énormes quantités de déchets miniers et industriels ainsi générés. Finalement, il faudra déplacer la machinerie de transformation d’énergie ou ses composants sur leur lieu d’exploitation. Tout ceci nécessite la construction :
- De véhicules lourds (camions, cargos, trains de marchandises).
- Des voies de communication (routes, voies maritimes, chemins de fer, réseaux électriques),
- Des lieux d’arrivée et de départ des minerais (parking, gare de triage, ports maritimes),
- Des usines de transformations et de fabrications,
- Des lieux de stockage des matières utiles et des déchets.
- La construction d’habitats pour les travailleurs, etc.
Toutes ces activités demandent un surplus d’extraction de minerais, et donc des dégâts supplémentaires à la biosphère.
Ensuite, les systèmes de production d’énergie utile doivent être capables d’atteindre leurs utilisateurs (récepteurs). Pour ce faire, les énergies fossiles utilisent essentiellement de très gros navires, des pipelines, des trains et des camions- citernes. Pour les autres sources d’énergie, le vecteur de transport le plus répandu est l’électricité, laquelle nécessite toutes sortes de lignes en cuivre, de pylônes, de transformateurs et de système de contrôle de répartition d’énergie par la technologie des super-grids qui, à leur tour, nécessitent de puissants ordinateurs très énergivores. Afin d’accomplir tout cela, il est indispensable de détruire de plus en plus de biotopes, de forêts, de terres cultivables, de polluer les eaux et de déplacer de force des populations humaines et animales.
Ainsi, l’ensemble des pollutions indirectes issues de la simple transformation d’une quelconque énergie primaire en une énergie utile à l’Homme contribue à perturber l’équilibre de notre biosphère, en particulier le monde biologique et sa chaîne alimentaire.
2°) Pollution indirecte de la biosphère due à l’utilisation de l’énergie utile à l’Homme.
Si la production d’énergie utile perturbe l’équilibre de la biosphère, son utilisation la perturbe encore plus. Elle est à la base de la spirale travail-production-consommation. Elle la perturbe par ses activités agricoles, industrielles, touristiques, financières, guerrières, etc. Elle la perturbe encore en construisant des mégapoles, en bétonnant des zones naturelles, en canalisant des rivières, en détruisant des forêts, des terres arables, des zones humides, etc. Tout ce qui est produit industriellement se retrouve tôt ou tard sous forme de déchets dans l’environnement, parce que Lavoisier l’avait déjà dit : rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Toutefois, lorsqu’il s’agit de produits industriels, cette transformation, même si elle est réalisée en recyclant, se fait au détriment de l’environnement.
De plus, l’énergie utile à l’Homme permet de créer d’immenses zones de monoculture, aux dépens de zones naturelles. Elle permet également la construction d’habitations, allant du hameau aux mégapoles, et à tout ce qui concerne leur fonctionnement. Elle sert encore à pomper l’eau douce de lacs, de rivières, de nappes phréatiques pour nos besoins domestiques et industriels, pour arroser nos cultures, pour refroidir les nombreux centres de données d’Internet ou même remplir nos piscines. Certains fleuves, tels que le Colorado, ne parviennent même plus à la mer.
La liste des dégâts ne s’arrête pas là. Les flux d’énergies exogènes perturbent aussi la biosphère en fabriquant et en répandant des milliards de tonnes de produits chimiques et industriels indigestes pour la Nature comme les plastiques, les métaux lourds, les PCB, les furanes, pour n’en citer que quelques-uns.
Ces flux d’énergies permettent aussi le déplacement de milliards de personnes, d’animaux et de nourriture, que ce soit le long de millions de km de routes communales, départementales et d’autoroutes, soit à l’aide d’énormes bateaux transportant annuellement des milliards de tonnes de fret, ou encore par des dizaines de milliers de vols quotidiens transportant annuellement des milliards de passagers d’un point du globe à un autre. Plus d’un milliard de véhicules à moteur parcourent annuellement plus de dix milliers de milliards de kilomètres sur un réseau routier immense. Tous ces déplacements et transports ont de graves conséquences sur l’environnement en perturbant la biocénose de plusieurs biotopes, en empêchant la libre circulation des animaux et en introduisant par accidents des espèces exogènes envahissantes qui prolifèrent aux dépens des espèces autochtones.
En résumé :
Contrairement à ce que certains lobbies essaient de nous faire croire :
Il n’y a pas d’énergie exogène propre.
Toutes les énergies exogènes utiles à l’Homme ne sont utiles qu’à ce dernier, et même que provisoirement. Elles sont le plus souvent désastreuses pour les millions d’autres espèces qui forment la chaîne alimentaire. Rappelons que nous en faisons partie intégrante, en occupant même le dernier maillon, ce qui n’est pas nécessairement un avantage. Quelles que soient les sources d’énergie primaire à la base de nos énergies exogènes, elles affectent toute la biosphère et réduisent l’EBI. Ce n’est donc pas un type particulier d’énergie exogène qui pose un problème, mais l’énergie elle-même.
C’est donc la somme cumulée des activités passées et présentes, soutenues par les énergies exogènes, toutes sources confondues, qui perturbe l’équilibre de la biosohère et non l’utilisation d’une souce particulière. En effet:
Les dégâts subis par la biosphère sont proportionnels au cumul de la quantité d’énergie primaire transformée en énergie utile à l’Homme, ainsi qu’au cumul d’énergie utile consommée.
Nous entendons souvent dire que la Nature est généreuse, car elle nous offre des énergies primaires gratuitement. C’est faux ! En réalité, nous demandons à la biosphère de payer la facture en lui entamant son capital. Le problème est que nous en faisons partie intégrante. Nous ne pouvons exister sans elle, sans son capital. Alors, est-ce bien raisonnable d’entamer largement ce capital, au risque de ne plus exister ?
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Notes
1 Par exemple, le méga-barrage des Trois-Gorges en Chine est une vraie catastrophe écologique, mais ce n’est pas le seul. Voir plus d’informations sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_des_Trois-Gorges
2 La gestion d’un immense réseau électrique venant de sources différentes et distribué sous une forme unique dans une vaste région, par exemple l’Europe, est gérée par un système informatique appelé Super-Grid. Voir plus de détails sur : https://www.actu-environnement.com/ae/dossiers/smart-grid/supergrid.php4.
3 Installation offrant un accès partagé aux applications et aux données grâce à une infrastructure complexe de réseau, de calcul et de stockage. Voir plus sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Centre de données.
4 Ce sont des produits chimiques organiques chlorés d’une grande stabilité employée surtout dans l’industrie électrique. Voir plus de détails sur https://www.actu environnement.com/ae/dictionnaire_environnement/definition/polychlorobiphenyle_pcb.php4 ou sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Polychlorobiphényle
5 C’est un réactif ou précurseur très utilisé en chimie organique très cancérigène. Voir plus sur https:// wikipedia.org/wiki/Furane fr.
6 Ensemble des êtres vivants d’un biotope, d’un milieu donné. Voir plus sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Biocénose
7 Milieu naturel qui héberge un ensemble de formes de vie composant la biocénose : flore, faune, champignons, et des populations de micro-organismes. Voir plus sur https://fr.wikipedia.org/wiki/Biotope

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