Pollution indirecte due à la production d’énergies exogènes.
Quelles que soient l’énergie primaire utilisée et sa transformation, elle nécessite toujours des atteintes à l’environnement. Par exemple, l’énergie potentielle de gravitation d’un réservoir d’eau, transformée en électricité par les barrages hydroélectriques, considérés par les écologistes comme une « énergie verte », provoque des changements plus ou moins importants dans le biotope de leurs bassins1. De surcroît, ils nécessitent des mégatonnes de béton armé pour construire le barrage, ainsi que beaucoup de métaux pour les turbines, les transformateurs, les lignes électriques, les pylônes, etc.
Il faut admettre que toute transformation d’énergie primaire en énergie utile, verte ou pas, nécessite des travaux d’extraction de matières dans la croûte terrestre. Ces extractions concernent parfois directement l’énergie primaire, comme c’est le cas pour les énergies fossiles ou les matières fissiles (comme l’uranium), mais dans tous les cas elles exigent des extractions de matières premières telles, le fer, le cuivre, le manganèse, le tungstène, le vanadium, le lithium, le nickel, le cobalt, l’argent, l’or, le mercure, les terres rares, du sable, du calcaire et de l’argile pour faire du ciment, etc.
Pour quelques kilogrammes de matière métallique utile recherchée, il faut déplacer des quantités considérables de matière non utile à l’Homme, mais vitale pour tous les habitants du biotope concerné. Les matières utiles à l’Homme serviront indirectement, et après moult transformations, en général très énergivores, à fabriquer les produits qui entrent dans la construction, l’exploitation et l’entretien des systèmes transformant l’énergie primaire en énergie utile.
À leur tour, tous ces minerais doivent être déplacés du lieu d’extraction vers le lieu de transformation, puis vers les différentes industries chargées de construire les appareils ad hoc pour la transformation d’énergie primaire en énergie utile. Il faudra aussi se débarrasser des énormes quantités de déchets miniers et industriels ainsi générés. Finalement, il faudra déplacer la machinerie de transformation d’énergie ou ses composants sur leur lieu d’exploitation.
Tout ceci nécessite la construction :
– de véhicules lourds (camions, cargos, trains de marchandises).
– des voies de communication (routes, voies maritimes, chemins de fer, réseaux électriques),
– des lieux d’arrivée et de départ des minerais (parking, gare de triage, ports maritimes),
– des usines de transformations et de fabrications,
– des lieux de stockage des matières utiles et des déchets.
– construction d’habitats pour les travailleurs, etc.
Toutes ces activités demandent un surplus d’extraction de minerais et donc des dégâts supplémentaires à la biosphère.
Ensuite, il faut que les systèmes de production d’énergie utile atteignent leurs utilisateurs (récepteurs). Pour ce faire, les énergies fossiles utilisent essentiellement de très gros navires, des pipelines, des trains et des camions-citernes. Pour les autres sources d’énergie, le vecteur de transport le plus répandu est l’électricité, laquelle nécessite toutes sortes de lignes en cuivre, de pylônes, de transformateurs et de système de contrôle de répartition d’énergie par la technologie des super-grids2 qui, à leur tour, nécessitent de puissants ordinateurs très énergivores. Pour faire tout cela, il faut détruire toujours plus de biotopes, de forêts, de terres arables, polluer les eaux et déplacer de force des populations humaines et animales.
Ainsi, l’ensemble des pollutions indirectes issues de la simple transformation d’une quelconque énergie primaire en une énergie utile à l’Homme contribue à perturber l’équilibre de notre biosphère, en particulier le monde biologique et sa chaîne alimentaire.

Laisser un commentaire